Porto-Novo, capitale officielle du Bénin, est la ville où se rencontrent les traditions goun et yoruba, la royauté, les cultes et les influences venues du Brésil. Berceau du Zangbéto selon la tradition, ville des Egungun et du palais royal du roi Toffa, elle figure depuis 1996 sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO, pour ses quartiers anciens et son palais royal.
Au temple de Sakété, ce que Porto-Novo représente

Observation directeWêtê Agbonon, prêtre du vodun et bokonon du Fâ, au temple de Sakété
Porto-Novo occupe une place particulière dans l’histoire religieuse et culturelle du Sud du Bénin. C’est une ville où se rencontrent plusieurs mémoires : les traditions goun et yoruba, la royauté, les cultes, les quartiers anciens, les influences brésiliennes, et l’histoire politique du Bénin. Quand je pense à Porto-Novo, je pense à une ville où le religieux, le politique, le culturel et l’histoire urbaine sont profondément mêlés[1].
L’essentiel
- Porto-Novo, ou Hogbonou, est la capitale officielle du Bénin et une ville de rencontre des traditions goun et yoruba.
- Ses quartiers anciens et son palais royal sont sur la liste indicative du patrimoine mondial depuis 1996.
- La ville a sa propre histoire : elle ne se calque ni sur Abomey ni sur Sakété.
Il n’existe pas une seule ville qui détienne toute la tradition[1].
Hogbonou, la capitale
La ville porte plusieurs noms : Porto-Novo, Hogbonou et Adjacé. Capitale du Bénin, elle comptait 223 552 habitants au recensement de 2002 ; la région produit l’huile de palme, le coton et le kapok[2]. Selon la tradition rapportée par Louis Hunkanrin, la ville fut fondée par Tê-Agbanlin, venu d’Allada, et c’est pour le protéger qu’aurait été inventé le Zangbéto[3].
Le palais royal
Le palais royal, aussi appelé palais du roi Toffa et aujourd’hui musée Honmè, est l’ancienne résidence royale de Porto-Novo ; la plupart de ses salles évoquent l’époque du roi Toffa[4]. Le 31 octobre 1996, l’UNESCO a inscrit sur la liste indicative du patrimoine mondial l’ensemble « La ville de Porto-Novo : quartiers anciens et Palais Royal »[5][4].

Le palais rappelle une autre dimension de Porto-Novo : celle de la royauté. Comme à Abomey, il faut comprendre la relation entre pouvoir, mémoire, royauté et traditions religieuses. Mais Porto-Novo a sa propre histoire, et je ne chercherais pas à y reproduire le modèle d’Abomey[1].
La vie du palais avait aussi sa musique. L’ethnomusicologue Gilbert Rouget lui a consacré un livre, sur les chants et les danses du palais sous le règne du roi Gbèfa, de 1948 à 1976 ; voir aussi Les tambours du vodun[6].
Une ville de musées
Porto-Novo concentre plusieurs musées : le musée ethnographique, créé en 1957 par l’Institut du Dahomey, riche d’une grande collection de masques yoruba ; le musée da Silva des arts et de la culture, ouvert en 1998 dans l’un des plus remarquables bâtiments de style afro-brésilien de la ville ; et le musée Honmè, dans le palais royal[7][2].
| Lieu | Ce que l’on y voit |
|---|---|
| Le palais royal, musée Honmè | La résidence du roi Toffa et la vie de la cour |
| Le musée ethnographique | Une grande collection de masques yoruba, et l’histoire de la ville |
| Le musée da Silva | Un bâtiment afro-brésilien, et l’histoire du Bénin |
| Les quartiers anciens | L’architecture et la mémoire urbaine, sur la liste indicative de l’UNESCO |
Le Zangbéto et les Egungun
Le Zangbéto occupe une place importante dans l’histoire culturelle de Porto-Novo et de la région. Il faut le regarder comme une institution de surveillance, de protection et d’ordre, avant de le regarder comme une attraction : son histoire est liée aux communautés goun et yoruba du Sud du Bénin et à leurs formes anciennes d’organisation sociale[1].
Porto-Novo est aussi une ville importante pour les Egungun, les manifestations liées aux ancêtres. Là encore, il faut distinguer le spectacle visible par le public de la profondeur religieuse de la tradition : pour ceux qui le portent, l’Egungun représente une relation avec les ancêtres et avec la mémoire familiale. Porto-Novo est ainsi un lieu particulièrement intéressant pour comprendre comment les traditions ancestrales, les familles, les cultes et l’espace urbain continuent de coexister[1].
Porto-Novo et Sakété, deux voisines
C’est une comparaison que j’aime faire, parce qu’elle permet de comprendre le Bénin. Porto-Novo et Sakété sont proches géographiquement, et leurs histoires sont liées par les populations, les échanges et les traditions yoruba-nago. Mais chaque ville garde son histoire propre. Porto-Novo possède une histoire urbaine, royale et culturelle particulière, marquée par ses traditions goun et yoruba et par les échanges atlantiques. Sakété porte une mémoire fortement liée aux traditions nago-yoruba du Plateau, à ses propres familles, à ses propres cultes et à ses propres transmissions[1].
Je suis attaché à Sakété, parce que c’est là que se trouve ma propre transmission. Je respecte profondément Porto-Novo, sans avoir besoin de la transformer en Sakété pour reconnaître son importance. C’est justement cette diversité qui fait la richesse du vodun béninois : il n’existe pas un seul temple qui résume tout, ni une seule ville qui détienne toute la tradition. Le vodun est une tradition vivante, bien plus qu’un catalogue de symboles[1].
Ce que l’on sait, et comment on le sait
Ce qui relève de la tradition orale
La fondation de la ville par Tê-Agbanlin, et la naissance du Zangbéto, viennent de la tradition rapportée par Louis Hunkanrin[3].
Ce qui relève de l’observation directe
Le regard sur Porto-Novo comme ville de rencontres, et la comparaison avec Sakété, viennent de ma pratique[1].
Ce qui est documenté
Le palais royal, la liste indicative de 1996, la population de 2002 et les musées de la ville sont établis par l’UNESCO et les encyclopédies[5][4][2][7].
Ce qui relève de l’interprétation
Refuser de calquer Porto-Novo sur Abomey ou sur Sakété est une lecture que je défends[1].
Ce qui reste discuté
Les dates de la fondation de la ville et de son royaume varient selon les sources[3].
Les erreurs fréquentes sur Porto-Novo
- « Cotonou est la capitale du Bénin. » La capitale officielle est Porto-Novo ; Cotonou est la plus grande ville[2].
- « Porto-Novo, c’est un petit Abomey. » La ville a sa propre histoire royale, goun et yoruba[1].
- « Le Zangbéto est une attraction de rue. » C’est une institution traditionnelle de protection et d’ordre[1].
- « Porto-Novo et Sakété, c’est pareil. » Deux villes voisines, liées, mais avec chacune ses familles et ses cultes[1].
Questions fréquentes
Porto-Novo est-elle la capitale du Bénin ?
Oui, Porto-Novo est la capitale officielle du Bénin ; Cotonou en est la plus grande ville.
Quels sont les autres noms de Porto-Novo ?
Hogbonou et Adjacé.
Qu’est-ce que le musée Honmè ?
L’ancien palais royal de Porto-Novo, résidence du roi Toffa, devenu un musée.
Porto-Novo est-elle au patrimoine mondial ?
Ses quartiers anciens et son palais royal figurent depuis 1996 sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le Zangbéto vient-il de Porto-Novo ?
Selon la tradition rapportée par Louis Hunkanrin, il serait né pour protéger Tê-Agbanlin, le fondateur de la ville.
Que visiter à Porto-Novo pour comprendre le vaudou ?
Le palais royal, le musée ethnographique et ses masques, les quartiers anciens, et les sorties publiques du Zangbéto et des Egungun.
Quelle différence entre Porto-Novo et Sakété ?
Deux villes voisines, liées par les traditions yoruba-nago, mais Porto-Novo porte une histoire royale et goun propre, et Sakété les traditions nago du Plateau.
Glossaire
- Adjacé, Hogbonou : les autres noms de Porto-Novo.
- Afro-brésilien : le style d’architecture rapporté du Brésil par les anciens captifs revenus au pays.
- Goun : le peuple et la langue de la région de Porto-Novo.
- Honmè : le palais royal de Porto-Novo, devenu musée.
Notes et références
[1] Observation directe et transmission orale, Wêtê Agbonon, bokonon, temple de Sakété.
[2] Wikipédia en anglais simple, « Porto-Novo », pour ses autres noms, sa population de 2002 et ses musées. Consulter
[3] HUNKANRIN Louis, « Le Zangbéto », étude datée de mai 1937, reproduite par Babilown. Consulter
[4] Wikipédia, « Royal Palace, Porto-Novo », pour le palais du roi Toffa, devenu le musée Honmè. Consulter
[5] UNESCO, Centre du patrimoine mondial, liste indicative : « La ville de Porto-Novo : quartiers anciens et Palais Royal », 1996. Consulter
[6] ROUGET Gilbert, Un roi africain et sa musique de cour. Chants et danses du palais à Porto-Novo sous le règne de Gbèfa (1948-1976), Paris, CNRS Éditions, 1996.
[7] Africa.com, « Museums of Benin », pour le musée ethnographique de Porto-Novo (1957) et le musée da Silva (1998). Consulter
Sources
- UNESCO, liste indicative : « La ville de Porto-Novo : quartiers anciens et Palais Royal », 1996.
- HUNKANRIN Louis, « Le Zangbéto », 1937.
- Observation directe et transmission orale, temple de Sakété, de 1994 à 2026
Citer cette entrée
Wêtê Agbonon, « Porto-Novo », dans Vodun Bénin, l’encyclopédie du vodun béninois, entrée n° 031, mise à jour le 28 octobre 2026. En ligne : https://vodunbenin.org/lieux/porto-novo/ (consulté le 1er novembre 2026). Licence CC BY 4.0.
- Dernière vérification : 6 octobre 2026
- Réutilisation : libre, avec citation, sous licence CC BY 4.0
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